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Pour regarder un de mes photomontages, il faudra au spectateur déjouer les pièges de son propre reflet. Bouger jusqu’à ce que son image ne fasse plus écran.

Pour voir, il ne devra plus se voir regarder, et à cet instant précis, il se sentira présent, tout entier dans son regard.

La vitre oubliera alors la pièce tout autour.

Une partie du photomontage se donnera à voir, une partie pas plus.

Pour voir à côté, bouger à nouveau, guetteur mobile.

Pas d’éclairage direct qui éblouirait. L’halogène baissé, le jour qui décroît ou les premières lueurs avant le lever du soleil, dans la salle de séjour aux volets ouverts depuis le dernier retour, jusqu’au prochain départ.

A la fenêtre, les barreaux n’enferment personne.

C’était tellement plus simple de mettre une vitre anti-reflets.

 

 

5 - 7mai 2000 Cambo les Bains - Bayonne