SUD-OUEST
Emmanuelle Fère
Anglet

Elle va œuvrer toute l'année pour les Angloys

ART Solange Toutenuit imagine une exposition à partir du littoral angloy et ses limites. Découverte fin 2012


Ses œuvres de la série « Limites », à partir de photographies des rives de l'Adour. (PHOTO j-d. chopin)

Le dessinateur de presse Nicolas Vial, le graveur des œuvres de Picasso Piero Crommelynck, et la plasticienne Solange Toutenuit ont été choisis par la municipalité pour son cycle d'expositions en 2012 (lire par ailleurs). Pour la jeune femme, la conception de cette exposition qui va courir sur son année sera particulière. Une forme de résidence d'artiste… pérenne. Car Solange Toutenuit habite à Anglet, à deux pas de la galerie Georges Pompidou qui accueillera sa série d'œuvres en gestation, baptisée « Limites ».

Le travail de la plasticienne née en 1971 à Bayonne, qui a suivi des études universitaires d'arts plastiques à Bordeaux, se nourrit de ses marches régulières le long du littoral, avenue de l'Adour, ou sur le site de La Barre. La rudesse des installations industrielles, leurs formes, leurs couleurs, sont révélées par son travail si particulier, au long cours. Car déjà cette année, l'artiste a réalisé des esquisses d'une rare délicatesse. Des épures, sur de grands carnets, qui ne quittent jamais Solange Toutenuit.

365 portraits

L'appareil photo est l'autre accessoire de ses recherches. « Je maîtrise le cadrage, mais je choisis la position automatique. Il ne s'agit pas de photo artistique. La visée est celle du croquis. » Car la photo du paysage est la fois support et surface. Pour les petits formats, le papier photo est encollé sur du bois. Et pour les plus grands, l'image est imprimée numériquement sur de l'aluminium. « Un support dur et froid », sur lequel Solange Toutenuit pratique un travail « d'effacement », à partir de techniques diverses. Peinture, vernis, etc. Des touches qui masquent, et révèlent… « Tu as retravaillé la couleur des silos ? », lui demande-t-on. Non, car elle donne à voir, en cachant, ce paysage en limite du fleuve, de l'océan, et de la forêt.

« Je ne me refuse aucun possible », assure celle qui a encore presque un an pour cheminer sur son fil conducteur. « Le thème du corps, de l'image, de la peinture. » Mais aussi « l'animal, l'hybride ». Son œuvre « 365 » en est l'illustration. 365 photos portraits de l'artiste retravaillées. La peinture ou l'écriture lui confèrent l'état de méduse, ou de papillon. La série « 365 » fera partie de l'exposition, même si l'artiste ne sait pas encore sous quelle forme. Peut-être par la vidéo ? Un medium peu exploré dans son atelier de la Bastide-Clairence.

Carte blanche

« L'inscription du corps dans le paysage » devrait aussi être de la partie. « C'est une question très présente à Anglet, avec la plage. Je voudrais réaliser un travail sur le corps du paysage, et le paysage du corps. » Le projet fait partie des « petits bouts très épars » qui feront l'exposition, assure modestement l'artiste. La carte blanche laissée par la Ville la stimule. « Je vais pas faire un accrochage. Je vais investir la galerie Pompidou. Il faut que cela soit la création spécifique d'une année de travaux pour ce lieu. » Devant elle, le croquis qu'elle a finement dessiné de la salle octogonale, et la géographie de son exposition. Un paysage en mutation.