La présence de la matière lourde et pesante, le corps tantôt suggéré, tantôt prégnant, parfois signe, inscrit le travail de Solange Toutenuit dans la continuité d’une certaine tradition picturale.

Inspirés des déesses préhistoriques aurignaciennes, des ventres exubérants mais drapés de la Renaissance, ses corps aux visages aveugles ne se donnent à voir que pour eux-mêmes : ils sont expression.

C’est dans le sériel que s’élabore son travail, dans la répétition d’un presque même, toujours identique mais toujours différent.

Se revendiquant volontiers d’un héritage matiériste d’artistes tels que Tàpies ou Dubuffet, Solange Toutenuit oscille entre matière et forme, instaure un incessant va et vient, sans que l’une ne domine l’autre pour révéler la variété des supports appréhendés comme autant d’épidermes.

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